• Conférence AALA - Les fourmis légionnaires dans la surveillance des zoonoses - 17 juin 2026

    AALA illustration fourmis Magnan

    Les épidémies survenues ces dernières années dans les régions tropicales ont été causées par des virus nouveaux, ce qui révèle notre méconnaissance profonde de la diversité virale présente au sein de ces écosystèmes. Afin de réduire une telle ignorance, nous proposons d'utiliser les fourmis légionnaires du genre Dorylus comme stratégie indirecte d'échantillonnage de la faune sauvage. Ces fourmis, très voraces, consomment en grande quantité toutes sortes d’êtres vivants, incluant animaux vertébrés et invertébrés, insectes et plantes. Dans le cadre d'une étude menée en 2023, 209 fourmis légionnaires ont été collectées sur les pistes au Nord-Est du Gabon. Au moyen de techniques de métagénomique virale, nous avons détecté près de 500 000 séquences génétiques dont 46 377 (10,5%) appartenaient à des virus de bactéries, de plantes, d'invertébrés et de vertébrés, démontrant la capacité de ces fourmis à accumuler une quantité prodigieuse de virus issus de leurs proies. Parmi ces séquences virales, 22 406 séquences seulement (soit 48,3%) étaient associées à des virus connus. Ces fourmis pourraient donc se révéler précieuses dans l'exploration du virome des écosystèmes tropicaux et la mise en place d'une stratégie novatrice de surveillance des zoonoses virales dans un environnement où les émergences sont fréquentes.

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  • Exposition « Aqua ça sert ? » - 2026

    L'Art'cherche - Aqua ça sert ? - Affiche - 2026

    Dans le cadre de la dixième édition de l'Art'Cherche, l'Observatoire Océanologique a le plaisir de présenter sur l'esplanade Albert Sagols, en plein air face à l'Observatoire, l’exposition annuelle et inédite « AQUA ça sert ? ».

    Aquarium public et aquariums de recherche, depuis la fin du XIXème siècle, à Banyuls, l’aquariologie a toujours eu une place très importante. Henri de Lacaze-Duthiers, fondateur du Laboratoire Arago ne s’y était en effet pas trompé : dès la création en 1882 de cette station marine, aujourd’hui nommée Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer, il avait compris que les aquariums constituent des outils extraordinaires tant pour la sensibilisation du public aux environnements marins que pour la recherche scientifique en biologie ou en écologie marine.

    Au travers de la présentation de l’histoire de l’aquariologie, de l’évolution des techniques, des pratiques ou encore de l’intérêt des aquariums en tant que sources d’inspiration pour des artistes, l’exposition « AQUA ça sert ? » ouvre les portes d’un monde méconnu.

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  • Interview de Laurent Formery, lauréat d'un bourse ATIP-Avenir

    Ce début d'année une nouvelle équipe a rejoint le BIOM, l'équipe Echinox dirigée par Laurent Formery. Laurent Formery a obtenu une bourse ATIP-Avenir pour monter une équipe de recherche consacrée à l’évolution du plan d’organisation pentaradié chez les échinodermes.

    Laurent a obtenu un doctorat à l’Institut de la Mer de Villefranche-sur-Mer, au cours duquel il a travaillé sur le développement et l’évolution du système nerveux chez l’oursin Paracentrotus lividus, ainsi que sur les rôles des voies de signalisation intercellulaire dans ce processus. Après un an passé au Shimoda Marine Research Center au Japon dans le cadre de sa thèse, il a effectué un post-doctorat à la Hopkins Marine Station de l'Université de Stanford aux États-Unis. Il y a travaillé sur la mise en place des axes corporels et l’évolution du système nerveux chez plusieurs espèces d’échinodermes et d’hémichordés. 

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  • ALIEN-OCCICAT : Un réseau transfrontalier dédié aux espèces marines non indigènes en Occitanie et Catalogne

    Lagune de CanetCrédit : Stéphane Hourdez

    En Méditerranée, plus de 1 000 espèces non indigènes ont été recensées en 2025. Si certaines restent discrètes, d’autres, comme le crabe bleu de l’Atlantique, ont déjà franchi le seuil de l’invasivité, perturbant les écosystèmes lagunaires, les pêcheries traditionnelles et même l’attractivité touristique des zones littorales. Ces espèces, souvent introduites par les activités humaines (transport maritime, loisirs nautiques) ou les courants marins, représentent aujourd’hui la deuxième cause mondiale d’érosion de la biodiversité, juste derrière la destruction des habitats.

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Ocean Arctique convoyage Polarstern navigation © Maéva-Bardy - Fondation Tara OceanCrédit : Maéva-Bardy - Fondation Tara Ocean

Le microbiome arctique, encore peu connu, pourrait être mieux compris grâce au projet MICROARCTIC et au navire Tara-Polar Station. Pierre Galand, à l’initiative de ce projet, est scientifique au sein du Laboratoire d'écogéochimie des environnements benthiques de l’Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer. Dans cet entretien il nous détaille les objectifs de cette mission et les changements qu’elle pourrait apporter.

Pouvez-vous nous expliquer votre projet MICRO-ARCTIC ?

Spécialiste dans la recherche en écologie microbienne, je m’intéresse aux micro-organismes que l’on retrouve dans le milieu marin. Je cherche à savoir comment ces bactéries interagissent avec l’environnement, à quoi servent-elles, qui sont-elles et que font-elles dans la mer. Dans le cadre du projet MICRO-ARCTIC, axé sur l’océan Arctique central, le but est de comprendre le rôle de ces bactéries arctiques, dans la glace et dans l’eau, à différents moments de l’année. Ce projet s’appuie sur le navire Tara-Polar station, station scientifique polaire dérivante, mis à l’eau en 2025. Désormais, l’objectif est de trouver des financements pour mener ces recherches à bien. Ce début d’année, j’ai obtenu un premier soutien de la fondation BNP Paribas et, en parallèle, j’ai déposé un projet auprès de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Que faites vous précisément dans ce projet ?

L'année prochaine lors de la première dérive de la station, je vais embarquer pendant trois mois au printemps, pour prélever des échantillons. Après cette campagne, la majeure partie du travail consistera à les analyser. Grâce à des techniques de séquençage ADN, on pourra voir quelle est la nature de ces micro-organismes et leur rôle. Cette phase prendra plusieurs années, entre les analyses moléculaires et le travail de rédaction.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le microbiome arctique ?

Le microbiome, regroupe un ensemble de micro-organismes : bactéries, archées, eucaryotes (phytoplancton). Ils sont à la base de la chaîne alimentaire et recyclent tout ce qu'ils trouvent dans l'eau de mer, comme des organismes morts. C'est un rôle essentiel.
L'Arctique étant difficile d'accès, ce microbiome a été peu étudié, particulièrement en hiver, et est donc peu connu. À cette saison, l’Arctique est couvert de glace, plongé dans la nuit et fait face à des températures très basses.

Qu'est-ce qui est en train de changer dans l'océan Arctique aujourd'hui ?

Le réchauffement climatique est global, mais il est particulièrement marqué autour des pôles. L'Arctique étant caractérisé par de la glace de mer couvrant l’océan, ce réchauffement entraîne une diminution de celle-ci. Le fonctionnement de l’écosystème marin s’en trouve complètement transformé. Pour le moment, l'impact sur les micro-organismes n’est pas vraiment connu, les expéditions précédentes étant principalement axées sur les parties côtières plus accessibles.

Avec le navire Tara-Polar Station, l’objectif est de lancer un programme sur 20 ans, avec des expéditions tous les 2 ans. Le principe étant que la station se positionne en automne à l'entrée de l'océan Arctique. Elle sera prise dans la glace se formant et dérivera en passant autour du pôle nord grâce aux courants marins. En été, elle ressortira près du Groenland. Cette dérive durera quasiment un an, à travers l'océan Arctique. Elle reviendra ensuite en France pour être équipée à nouveau, réparée si besoin et préparée pour la prochaine expédition. Ainsi, tout ce qui se passe au cours d’une année dans l’océan Arctique pourra être étudié. En particulier l'hiver, qui d'habitude, à part avec des brise-glace très puissants, est difficile d’accès. C'est un programme assez ambitieux, parce que sur 20 ans il faut trouver les financements et des personnes motivées pour embarquer. Mais c'est une opportunité unique d'accéder à l'Arctique de façon régulière.

Pour terminer, selon vous, dans quelle mesure ce projet pourra améliorer les modèles climatiques actuels et la conservation des écosystèmes polaires ?

Ce projet permettra d’approfondir notre connaissance de cet écosystème et plus particulièrement le rôle de ces micro-organismes recyclant le carbone. Nous allons mesurer la part de carbone stockée dans l'océan face à celle relâchée dans l’atmosphère et ces données permettront ensuite d'affiner les modèles climatiques et nos prévisions futures.

Observatoire Océanologique
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