Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer
Crédit : Stéphane Hourdez
En Méditerranée, plus de 1 000 espèces non indigènes ont été recensées en 2025. Si certaines restent discrètes, d’autres, comme le crabe bleu de l’Atlantique, ont déjà franchi le seuil de l’invasivité, perturbant les écosystèmes lagunaires, les pêcheries traditionnelles et même l’attractivité touristique des zones littorales. Ces espèces, souvent introduites par les activités humaines (transport maritime, loisirs nautiques) ou les courants marins, représentent aujourd’hui la deuxième cause mondiale d’érosion de la biodiversité, juste derrière la destruction des habitats.
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Les épidémies survenues ces dernières années dans les régions tropicales ont été causées par des virus nouveaux, ce qui révèle notre méconnaissance profonde de la diversité virale présente au sein de ces écosystèmes. Afin de réduire une telle ignorance, nous proposons d'utiliser les fourmis légionnaires du genre Dorylus comme stratégie indirecte d'échantillonnage de la faune sauvage. Ces fourmis, très voraces, consomment en grande quantité toutes sortes d’êtres vivants, incluant animaux vertébrés et invertébrés, insectes et plantes. Dans le cadre d'une étude menée en 2023, 209 fourmis légionnaires ont été collectées sur les pistes au Nord-Est du Gabon. Au moyen de techniques de métagénomique virale, nous avons détecté près de 500 000 séquences génétiques dont 46 377 (10,5%) appartenaient à des virus de bactéries, de plantes, d'invertébrés et de vertébrés, démontrant la capacité de ces fourmis à accumuler une quantité prodigieuse de virus issus de leurs proies. Parmi ces séquences virales, 22 406 séquences seulement (soit 48,3%) étaient associées à des virus connus. Ces fourmis pourraient donc se révéler précieuses dans l'exploration du virome des écosystèmes tropicaux et la mise en place d'une stratégie novatrice de surveillance des zoonoses virales dans un environnement où les émergences sont fréquentes.
Lire la suiteCe début d'année une nouvelle équipe a rejoint le BIOM, l'équipe Echinox dirigée par Laurent Formery. Laurent Formery a obtenu une bourse ATIP-Avenir pour monter une équipe de recherche consacrée à l’évolution du plan d’organisation pentaradié chez les échinodermes.
Laurent a obtenu un doctorat à l’Institut de la Mer de Villefranche-sur-Mer, au cours duquel il a travaillé sur le développement et l’évolution du système nerveux chez l’oursin Paracentrotus lividus, ainsi que sur les rôles des voies de signalisation intercellulaire dans ce processus. Après un an passé au Shimoda Marine Research Center au Japon dans le cadre de sa thèse, il a effectué un post-doctorat à la Hopkins Marine Station de l'Université de Stanford aux États-Unis. Il y a travaillé sur la mise en place des axes corporels et l’évolution du système nerveux chez plusieurs espèces d’échinodermes et d’hémichordés.
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