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Observatoire océanologique de Banyuls sur mer
Laboratoire Arago

La vie sociale des requinspar Serge PLANES

De nombreuses formes de socialité sont présentes dans le règne animal. Malgré l’observation d’agrégations chez les requins, l’existence d’une organisation sociale et son degré de complexité restent méconnus.  Au cours de cette conférence je présenterai de nouvelles données et de nouvelles idées qui montrent les requins sous une nouvelle image que celle du simple prédateur solitaire. Trop souvent décrits comme primitifs et solitaires, les requins semblent capables d’adopter des comportements sociaux et des stratégies évolutives complexes qui soulignent l’importance de prendre en compte ces nouveaux éléments dans un contexte de conservation. 

Portrait du Conférencier

Serge PLANES a été impliqué dans l'étude de la génétique des populations de poissons marin depuis le début de sa carrière qui a commencé avec son doctorat en 1989. Au cours des 20 dernières années, il a publié plus de 185 articles dans des revues internationales traitant de la génétique des populations des poissons de récifs coralliens mais aussi, plus généralement, concernant l'écologie, l'écologie des zones marines protégées et le recrutement des poissons marins. Une analyse de la recherche sur les écosystèmes de récifs coralliens dans la dernière décennie (1995-2005), réalisée par l’Institute for Scientific Information de l’Agence Thomson Reuters, place son travail au rang #19 dans le monde, parmi plus de 5060 auteurs (voir http://esi-topics.com/coralreef). Cette reconnaissance internationale lui a valu d’être invité à intégrer le Centre australien d'excellence sur les récifs coralliens comprenant uniquement 2 membres non australiens. Ses premiers travaux ont suggéré que la connectivité dans le milieu marin et dans les récifs coralliens est beaucoup plus restreinte dans l'espace que ce qui était généralement admis avant les années 90. La plupart des travaux récents utilisant les marqueurs génétiques et d'autres techniques ont confirmé ces premiers résultats en démontrant que l’auto-recrutement dans les populations marines est un processus majeur à prendre en compte dans les politiques de conservation. Ces travaux ont amené la communauté internationale à considérer que les systèmes marins sont moins dispersifs, à l’inverse de toutes les perspectives assumées jusque dans les années 90. Plus récemment, l’application pour la première fois au monde marin des méthodes d’analyses de parentés ouvrent la voie vers de nouveaux questionnements relatifs à l’évolution même du caractère dispersifs dans les espèces marines.

Serge Planes est actuellement directeur du CRIOBE (www.criobe.pf), une USR (3278) quelque peu originale, localisée sur 2 sites (Perpignan et Moorea) et avec 3 tutelles (EPHE, CNRS, UPVD). Si le centre de Perpignan, basé sur le campus de l’université de Perpignan est classique, c’est le centre de Moorea, implanté donc en Polynésie qui représente un réel challenge dans la mesure où il constitue une station marine, avec une capacité d’accueil de 30 missionnaires. Le centre de Moorea accueille autour de 150 chercheurs et étudiants tous les ans. Il est représente une réelle attractivité à niveau national et international.

Au niveau national, Serge Planes dirige le LabEx « CORAIL », qui regroupe l’ensemble des scientifiques français travaillant sur l’écologie et les questionnements proches dans les récifs coralliens. Ce projet rassemble plus de 80 des scientifiques impliqués dans la connaissance des récifs coralliens des 9 principales institutions françaises référentes (EPHE, Université Réunion, Université de Nouvelle-Calédonie, Université de la Polynésie Française, Université Antilles-Guyane, IRD, Ifremer, CNRS-INEE et EHESS) et constitue l’image de la recherche française dans les récifs coralliens.

Enfin, Serge Planes a été nommé à la direction scientifique de l’expédition Tara Pacific qui a été lancée en mai 2016 et qui va durer plus de 2 ans à travers l’Océan Pacifique. Tara Pacific est une expédition scientifique, mais c’est aussi la coordination d’un consortium regroupant près de 20 chercheurs de plus de 8 organismes différents qui représente un réel défi scientifique et organisationnel. Cette expédition montée avec l’appui du Genoscope permettra d’acquérir la plus grosse base génomique sur le corail avec un focus spécifique sur le microbiome.

Sophie Sanchez - 04/04/17

Traductions :

    Chiffres clés