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Enseignement - Observatoire océanologique de Banyuls sur mer
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Endémisme dans les canyons

L'endémisme dans les canyons est très important pour certaines espèces, et notamment les polychètes et les hydroméduses.

 

 espèces endémiques

 

Polychètes :

 

Les polychètes recueillis dans les trappes à sédiment dans les canyons du Golfe du Lion sont des espèces nouvelles, spécifiques des canyons. Ce sont en majorité des espèces benthiques, qui vivent sur le substrat et qui ne peuvent pas nager. Il est donc surprenant de les retrouver à 500m au dessus du fond et on pense que ces animaux sont entraînés dans la colonne d'eau par les courants turbulents.

 

Les espèces de polychètes inféodés aux canyons présentent des adaptations morphologiques à cet entraînement, comme la présence de longs poils hirsutes, qui pourraient permettre une meilleure flottaison. Ceci peut être un mécanisme important étant donné que les courants turbulents entraînent le sédiment superficiel en plus des organismes qui reposent dessus. Pour éviter d'être enfoui, il peut être avantageux pour ces animaux du fond de pouvoir rester plus longtemps dans l'eau.

 

 

 

D'après :

R. Sarda, et al., 2009.Nouvelle fenêtre

 

Hydroméduses :

 

 Les hydromésduses des canyons représentent 50% de toutes les espèces endémiques de Méditerranée. Ce sont majoritairement des espèces méroplanctoniques, c'est à dire qu'un stade de leur vie est fixé au fond (le stade polype hydroïde) et un stage nage dans la colonne d'eau (le stade méduse). La proportion de chaque stade varie de façon spatiale et temporelle dans le canyon.

 

 La présence de ces deux stades de vie pourrait permettre aux hydroméduses de mieux survivre dans cet environnement hétérogène et très énergétique. En effet, le stade fixé est retrouvé sur les parois rocheuses du canyons, dans des zones avec des faibles courants. Les facteurs limitant leur développement sont l'arrachement par des courants trop violents, et l'enfouissement par un apport de sédiments. En revanche, les méduses sont plus ou moins insensibles à la sédimentation. La forme méduse n'est affectée par les courants seulement si elle se retrouve emportée hors du canyon. Mais la présence de courants tourbillonnaires dans les zones de plus forte énergie permettent une rétention de animaux.

 

 

 

D'après :

C. E. Mills, et al., 2000.Nouvelle fenêtre

 

Mécanismes favorisant l'endémicité au sein des canyons de Méditerranée :

Les différences morphologiques (formes des canyons), écologiques (variabilité dans les apports nutritifs) et l'hydrodynamisme façonnent un habitat hétérogène et favorisent la spéciation.

 

Outre, ces raisons, des chercheurs ont suggéré que la faune locale serait des reliques de la Téthys ayant survécu à la crise Messinienne.

 

 

  reliques de la Téthys

 

Au mésozoique, tous les continents de la Terre étaient regroupés en un mégacontinent, la Pangée, entouré d'un seul énorme océan, la Panthalassa. Il y a 2OO millions d'années environ, La Pangée commence à se fracturer pour former les continents et océans que nous connaissons actuellement. C'est ainsi que se forme la Téthys, mer annexe de la Pantalassa, puis la Méditerranée, par déchirement entre les plaques africaine et européenne. 100 millions d'années plus tard se forme l'Atlantique, et la Méditerranée est donc un lien entre l'ancienne Téthys et l'Atlantique. Il y a 65 millions d'années, la Méditerranée s'isole enfin des reliques de la Téthys, maintenant intégrées à l'océan Indien. Les seuls apports d'eau, et de faune, à la Méditerranée se font par le détroit de Gibraltar. Ce détroit a un seuil à 300m de profondeur, ce qui empêche l'entrée d'eaux atlantiques profondes, et donc aussi de faune atlantique profonde.

 

 

Muséum de GenèveNouvelle fenêtre

 

Les hydroméduses sont des animaux très anciens, qui sont arrivés en Méditerranée lors de son ouverture. Quand la Méditerranée c'est séparée de la Téthys ces espèces d'eaux profondes ont été isolées et ont pu produire de nouvelles espèces. Le détroit de Gibraltar est trop peu profond pour permettre le passage de ce type de méduse, qui habite autour de 1000m de profondeur.

Lors de la crise messinienne, ces espèces auraient pu survivre dans l'environnement particulier des canyons, et grâce à leur forme fixée, très résistante aux changements environnementaux. Quand la Méditerranée c'est de nouveau remplie, ces hydroméduses ont conservé leurs habitats dans les canyons, tandis que d'autres espèces de méduses, d'eaux moins profondes, sont venus de l'Atlantique coloniser les autres habitats de la Méditerranée.

 

Les canyons sont donc des zones à protéger car elles représentent des habitats uniques en Méditerranée,et souvent uniques au monde.

 

 

 

 

HERMESNouvelle fenêtre

 

 

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