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Observatoire océanologique de Banyuls sur mer
Laboratoire Arago

Le Laboratoire Arago et ses académiciens ou la magie de Banyuls

Depuis sa fondation en 1882 par le Professeur Henri DE LACAZE-DUTHIERS, le Laboratoire Arago, l'une des trois grandes stations marines de l'Université Pierre et Marie Curie, n'a cessé d'accueillir pour des périodes plus ou moins longues, pour des stages de courte ou de longue durée, des chercheurs et des étudiants français ou étrangers encadrés par leurs professeurs ou venant participer à des Colloques Nationaux ou Internationaux. Certains sont devenus célèbres, l'auteur ayant recensé plus d'une trentaine d'Académiciens des sciences vivants ou disparus, parmi lesquels ont compté quatre Prix Nobel : André LWOFF (1965), Pierre-Gilles DE GENNES (1991), Albert FERT (2007) et Jules HOFFMANN (2011).

 

Au cours de son exposé, après avoir passé en revue ces différents chercheurs devenus par la suite Académiciens et avoir rappelé quelques anecdotes concernant certains de ceux qu'elle a côtoyé au Laboratoire Arago, Marie-Odile SOYER-GOBILLARD a focalisé plus particulièrement son exposé sur le Fondateur, Henri DE LACAZE-DUTHIERS (1821-1901), un maître éminent de la zoologie expérimentales, sur Edouard CHATTON (1883-1947), un grand protistologue, pionnier de la biologie cellulaire qui devint Directeur du Laboratoire Arago, et fut l'auteur de splendides tableaux de cours destinés à ses étudiants et élèves, et sur son élève préféré, André LWOFF (1902-1994), prix Nobel de Médecine qui, avant d'être connu par ses travaux de génétique bactérienne et de virologie, fut d'abord un éminent protistologue. Enfin, elle parlera d'un grand ami du Laboratoire Arago, Walter GEHRING, qui fut professeur à l'Université de Bâle et venait chaque année avec ses étudiants avant de venir s'installer plus longuement à demeure. Pionnier de la biologie moléculaire du développement, ses travaux sur les gènes dits "Maîtres du Développement" et sur ceux du gène Pax6, indispensable au développement de l'oeil, ont ouvert des voies d'investigation nouvelles, au carrefour des sciences de l'évolution et du développement.

 

Outre l'environnement scientifique stimulant du Laboratoire, nombre de ces chercheurs sont revenus souvent et régulièrement à Banyuls car la situation géographique, la proximité de la Méditerranée, l'abondance du matériel marin, les couleurs des collines et des vignes environnantes associées à une certaine joie de vive toujours présente font qu'ils sont longtemps restés sensibles à la magie de Banyuls.

 

 

 

Portrait du conférencier

 

L'activité scientifique de Marie-Odile SOYER-GOBILLARD, directeur de recherche émérite au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) est en grande partie liée avec celle de l'équipe qu'elle créa dès 1974 et anima pendant de nombreuses années au sein du Laboratoire de Biologie Cellulaire à l'Observatoire Océanologique de Banyuls/Mer - Laboratoire Arago devenu par la suite Unité Mixte de Recherche CNRS "Modèles en Biologie Cellulaire et Evolutive". Son travail scientifique a été consacré à l'étude cellulaire et moléculaire de divers protistes, en particulier des Dinoflagellés ou Péridiniens qui constituent un groupe d'Eucaryotes Unicellulaires largement répandu dan sle plancton ou le benthos des mers et des eaux douces. Ces Protistes jouent un rôle important dans la chaîne alimentaire et les processus biogéochimiques. Quelques espèces ont la capacité de proliférer en mer, conséquence d'un dérèglement de leur cycle cellulaire, avec ou non la potentialité d'émettre des toxines dangereuses pour l'homme.

 

Marie-Odile SOYER-GOBILLARD et son équipe ont identifié et caractérisé certaines des molécules impliquées dans le déroulement du cycle cellulaire de ces protistes, dans celui de la "dinomitose" ou participant à la composition ou à la structure de leur cytosquelette. Elle a élucidé en particulier leur structure chromosomique, la composition de leur chromatine et le maintien de leur architecture au moyen de cations divalents et d'ARNs de structure, particularités qui rendent difficile la compréhension des mécanismes de réplication et d'expression de leur génome. Elle a publié à ce jour plus de 130 articles scientifiques pour la plupart dans des revues internationales à Comité de Lecture.

 

Conférence présentée dans le cadre de l'accueil de la section de Biologie de l'Académie des Sciences

Sophie Sanchez (sophie.sanchez @ obs-banyuls.fr) - 01/06/16