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Observatoire océanologique de Banyuls sur mer
Laboratoire Arago

Les abeilles en péril? Faits et causes

Les abeilles tiennent une place centrale dans notre environnement grâce au rôle qu’elles ont dans la pollinisation des fleurs des plantes naturelles et cultivées. 30% de ce que nous trouvons dans notre assiette est lié à la pollinisation des insectes et 80% des espèces de plantes à fleurs dépendent de près ou de loin des abeilles. Parmi celles-ci, l’abeille mellifère, Apis mellifera est un acteur majeur de la pollinisation. Or, depuis plus de quinze ans, les apiculteurs constatent des pertes de colonies très importantes au point de mettre en cause la profession et la pérennité de l’espèce. De nombreuses causes sont évoquées pour comprendre ces disparitions d’abeilles, la qualité de l’environnement (pesticides, ressources florales, etc..), de nombreux pathogènes représentés depuis les virus jusqu’aux parasites et prédateurs, la qualité de la nourriture, et même certaines pratiques apicoles.

Les pesticides sont montrés du doigt par les apiculteurs depuis de nombreuses années car ils sont la cause de nombreuses intoxications accidentelles et souvent mortelles des colonies d’abeilles. Des recherches récentes ont montré que les pollens récoltés par les abeilles sur les plantes peuvent contenir un nombre important de molécules pesticides différentes à des doses quelquefois très importantes. Or, des résultats récents montrent que la présence simultanée de deux pesticides dans l’alimentation de l’abeille peut avoir des effets synergiques sur la survie et la santé des abeilles et multiplier par 10, voire 100, leurs effets toxiques sur les abeilles.

Les pathogènes et parasites de l’abeille sont très nombreux, on dénombre plus de 20 virus.

Les interactions entre ces différents stress sont nombreux et encore mal connus.

La richesse de ce modèle d’étude qu’est l’abeille domestique en fait un sujet d’étude phare. De nombreuses équipes de recherche sont impliquées dans la recherche des causes des maladies des abeilles avec des approches différentes et souvent complémentaires. Le séquençage du  génome de l’abeille en 2006 permet d’étudier les réponses moléculaires des individus à différents stress. Mais aussi, des études de plein champ permettent d’apprécier la réponse des colonies à ces différents stress au niveau du rucher et du paysage.

Un état des lieux des recherches au niveau Européen et au niveau mondial dans ce domaine sera proposé à l’auditoire.

Portrait du Conférencier

Yves Le Conte est apiculteur amateur depuis 40 ans. Après des études universitaires en Biologie, il réalise une thèse sur les interactions abeille-varroa, puis intègre l’INRA d’Avignon en 1990. Depuis, il développe des programmes de recherche sur la communication chimique chez les abeilles, sur les mécanismes, l’évolution et les perturbations des régulations sociales des colonies, et sur le parasite de l’abeille, Varroa destructor. Depuis quelques années, son activité s’est centrée sur la compréhension des phénomènes responsables du déclin des populations d’abeilles avec une approche pluridisciplinaire aux niveaux physiologique, comportemental, écologique, pathologique et toxicologique dans une échelle expérimentale qui s’étend de la cellule au paysage.

Directeur de Recherche à l’INRA, il dirige actuellement l’Unité Abeilles et Environnement du Pôle Abeilles d’Avignon, co-anime l’Unité Mixte de Recherche PrADE et est coéditeur de la revue scientifique Apidologie.

 

A NOTER : la conférence sera associée à une exposition sur les abeilles sauvages proposée par la Réserve Naturelle de la Massane - Accès libre uniquement le jour de la conférence dès 16h00

12/07/16