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S'informer - Observatoire océanologique de Banyuls sur mer
Laboratoire Arago

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UPMC

CNRS

20 000 molécules sous les mers

S’il est un environnement qui fascina Jules Verne, et que l’on retrouve constamment dans son œuvre, ce sont bien les océans et fonds sous-marins. Œuvre d'anticipation, Vingt mille lieues sous les mers, paru en 1869, est ainsi l’occasion de plonger au plus profond d’un univers alors totalement inconnu pour les hommes de l’époque.

Aujourd’hui encore le milieu marin reste relativement mal connu des scientifiques. Sur environ 145000 substances naturelles décrites à ce jour, 10 % seulement proviennent d'organismes marins. Et pourtant la plus grande partie de la biodiversité sur la planète Terre se situe dans les océans ; 34 des 36 phylums, existants pour le règne animal, sont représentés en mer. Les organismes marins, vivants dans un milieu hautement compétitif produisent des molécules uniques qui ont des rôles écologiques essentiels à l’équilibre des biotopes (compétition pour l’espace, colonisation des surfaces, défense contre la prédation, séduction pour la reproduction).

Les premiers travaux significatifs en Chimie des Substances Naturelles Marines sont récents puisqu’ils datent du début des années 70. Dans les années 70-80, les chimistes isolaient de nouveaux métabolites secondaires et présumaient de leur fonction écologique tandis que parallèlement les biologistes s'intéressaient aux interactions entre organismes et présumaient de mécanismes chimiques sous-jacents. Depuis le milieu des années 80, les collaborations entre biologistes et chimistes ont permis le développement de l'écologie chimique marine.

La biodiversité marine, avec les interactions chimiques omniprésentes dans les relations intra et interspécifiques, est la source d’une exceptionnelle diversité chimique. Cette chimiodiversité mobilise un nombre croissant d’équipes de recherche motivées par la découverte de nouveaux médicaments (plus de la moitié des médicaments utilisés aujourd’hui en chimiothérapie anticancéreuse est d’origine naturelle) et de grands groupes pharmaceutiques se penchent sur ce gisement de molécules encore peu exploité.

Bernard BANAIGS est Chargé de recherche à l’INSERM et responsable de l’équipe “Biomolécules Marines d’Intérêt Biologique“ au sein du Laboratoire de Chimie des Biomolécules et de l’Environnement (Université de Perpignan via Domitia).

Chimiste de formation et évoluant en tant que chercheur à l’Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale à l’interface de la chimie et de la biologie, mon activité de recherche couvre différents aspects de la "chimie des substances naturelles marines" : des aspects fondamentaux en écologie chimique et des aspects plus appliqués en pharmacochimie avec la recherche de nouvelles molécules d’intérêt thérapeutique.